Vous vous réveillez parfois au milieu de la nuit.
Il y a quelques années, je n'y prêtais pas vraiment attention. Aujourd'hui, je remarque davantage ces moments où j'ouvre les yeux, regarde l'heure et cherche à retrouver le sommeil.
Parfois, vous vous rendormez presque immédiatement.
D'autres fois, vous restez éveillé quelques minutes avant de replonger dans le sommeil.
Avec les années, ces réveils peuvent sembler plus fréquents. Et une question finit naturellement par se poser :
« Est-il normal de se réveiller pendant la nuit ? »
La réponse est plus nuancée qu'il n'y paraît.
Se réveiller brièvement pendant la nuit n'est pas nécessairement le signe d'un sommeil de mauvaise qualité.
Pour comprendre ce que ces réveils signifient réellement, il faut surtout regarder leur fréquence, leur durée et la manière dont nous nous sentons le lendemain.
Est-il normal de se réveiller pendant la nuit ?
Nous avons souvent tendance à imaginer une bonne nuit comme une nuit sans interruption, du moment où nous nous endormons jusqu'au réveil du matin.
En réalité, le sommeil fonctionne par cycles successifs.
Au cours de la nuit, nous passons par différentes phases de sommeil et de brèves périodes d'éveil peuvent naturellement survenir entre certains cycles. Elles sont parfois si courtes que nous n'en gardons aucun souvenir.
Il est donc possible de se réveiller brièvement sans que cela perturbe réellement la qualité globale du sommeil.
La situation est différente lorsque les périodes d'éveil deviennent longues ou suffisamment fréquentes pour perturber la récupération.
Il existe ainsi une différence entre ouvrir les yeux quelques instants, se retourner et se rendormir, et rester éveillé pendant une longue période.
Dans le premier cas, la nuit peut rester réparatrice.
Dans le second, la fragmentation répétée du sommeil peut finir par influencer la fonction de récupération et l'état général pendant la journée.
Ce n'est donc pas simplement le fait de se réveiller qui mérite notre attention.
Pourquoi ces réveils semblent-ils parfois plus fréquents avec l'âge ?
Le sommeil évolue naturellement au cours de la vie.
Comme nous l'avons vu dans l'article précédent, le sommeil profond tend progressivement à diminuer avec l'âge, tandis que les phases plus légères prennent davantage de place. Cette évolution s'inscrit dans les changements naturels de notre sommeil au cours de la vie, comme l'explique également l'Inserm.
Nous pouvons alors devenir plus sensibles à certaines stimulations qui passaient auparavant inaperçues.
- Un bruit dans la maison.
- Une lumière extérieure.
- Une sensation physique.
Ou simplement une pensée qui traverse l'esprit.
Il peut alors être plus facile de sortir momentanément du sommeil.
Cela ne signifie pas pour autant que la récupération est nécessairement moins bonne : avec l'âge, ces changements peuvent faire partie de l'évolution naturelle de l'organisation du sommeil.
Mais ce qui se passe après le réveil peut faire une réelle différence.
Le plus important est-il de réussir à se rendormir ?
C'est quelque chose que j'ai moi-même remarqué : certains réveils nocturnes sont si brefs qu'on les oublie presque aussitôt. D'autres fois, en revanche, il suffit de commencer à regarder l'heure pour avoir l'impression de ne plus réussir à se rendormir.
Le lendemain, on peut ne ressentir aucune conséquence particulière.
Chez d'autres personnes, le réveil se prolonge davantage. Elles regardent l'heure, pensent à la journée qui vient ou s'inquiètent de ne pas dormir suffisamment.
Le réveil devient alors plus difficile à dépasser.
Un sommeil brièvement interrompu ne signifie donc pas forcément que la récupération est insuffisante.
La capacité à se rendormir naturellement et l'effet de ces interruptions sur la nuit dans son ensemble sont également importants.
Deux personnes peuvent ainsi se réveiller plusieurs fois et pourtant vivre leur nuit de manière très différente.
L'une se rendort facilement et se sent reposée le matin.
L'autre reste éveillée longtemps et commence sa journée avec une sensation de fatigue.
Quand faut-il commencer à y prêter attention ?
Un réveil nocturne occasionnel n'a généralement rien d'inquiétant.
Même plusieurs réveils brefs peuvent parfois faire partie du fonctionnement normal du sommeil.
Ce qui mérite davantage d'attention, c'est lorsque les interruptions deviennent fréquentes, que les périodes d'éveil se prolongent ou qu'elles s'accompagnent régulièrement d'une fatigue importante pendant la journée.
Une somnolence inhabituelle, des difficultés de concentration ou une sensation persistante de manque d'énergie peuvent alors indiquer que la récupération n'est plus suffisante.
Certains symptômes associés, comme des ronflements importants accompagnés de pauses respiratoires observées pendant la nuit, méritent également un avis médical.
L'objectif n'est pas de s'inquiéter à chaque réveil, mais de distinguer une interruption occasionnelle d'un phénomène régulier qui finit par avoir des conséquences sur la vie quotidienne.
Comment observer ses nuits avec plus de recul ?
Je me suis moi-même rendu compte qu'une fois que l'on commence à surveiller son sommeil, chaque réveil peut sembler prendre davantage d'importance.
- On regarde l'heure.
- On compte les heures restantes.
- On se demande si l'on dormira suffisamment.
Mais cette surveillance peut parfois ajouter une nouvelle source de préoccupation.
Il peut être plus utile d'observer l'ensemble de la nuit et surtout la manière dont on se sent au réveil.
- A-t-on réussi à se rendormir naturellement ?
- Le sommeil a-t-il globalement permis de récupérer ?
- La fatigue ressentie pendant la journée est-elle occasionnelle ou devient-elle persistante ?
Ces questions donnent souvent davantage d'informations que le simple souvenir d'un ou deux réveils nocturnes.
Un sommeil qui connaît quelques interruptions n'est donc pas nécessairement un sommeil moins réparateur.
Ce sont surtout leur fréquence, leur durée et leurs conséquences qui permettent de mieux comprendre leur signification.
être plus utile d'observer l'ensemble de la nuit et surtout la manière dont on se sent au réveil.A-t-on réussi à se rendormir naturellement ?
Le sommeil a-t-il globalement permis de récupérer ?
La fatigue ressentie pendant la journée est-elle occasionnelle ou devient-elle persistante ?
Ces questions donnent souvent davantage d'informations que le simple souvenir d'un ou deux réveils nocturnes.
Un sommeil qui connaît quelques interruptions n'est donc pas nécessairement un sommeil moins réparateur.
Ce sont surtout leur fréquence, leur durée et leurs conséquences qui permettent de mieux comprendre leur signification.
Un sommeil interrompu peut rester réparateur
Les réveils nocturnes brefs peuvent être normaux, surtout lorsque l'on parvient à se rendormir facilement.
Avec l'âge, ils peuvent devenir plus fréquents ou simplement plus perceptibles, sans que cela signifie nécessairement que l'on récupère moins bien.
C'est surtout lorsqu'ils deviennent fréquents, prolongés ou associés à une fatigue persistante pendant la journée qu'ils méritent davantage d'attention.
Comprendre avant de s'inquiéter
Après 40 ans, le sommeil peut évoluer progressivement.
Il devient parfois plus léger et certaines interruptions peuvent devenir plus visibles.
Mais cela ne signifie pas nécessairement que quelque chose ne va pas.
La question n'est peut-être pas seulement de savoir combien de fois nous nous réveillons, mais de comprendre ce que ces réveils changent réellement dans notre récupération.
Apprendre à faire cette distinction permet de mieux comprendre son sommeil sans s'inquiéter inutilement.
Et parfois, comprendre que certains changements sont naturels constitue déjà une première étape pour mieux dormir.